L’anxiété, c’est une longue chaîne de molécules de peur. Tout découle de la peur. Normalement, cette sensation est brève et justifiée par un événement précis.
Prenons un exemple :
Louise, ma tendre et belle, cuisine.
Une fois qu’elle a terminé, je devrais me sentir rassuré. Elle est en sécurité, elle ne s’est ni coupée ni brûlée, elle va bien.
Mais non. L’inquiétude persiste. Je ressens encore une peur diffuse, cette gène étrange, une crainte irrationnelle au goût inconnu. Alors, une nouvelle molécule de peur s’ajoute.
Puis vient l’attente, la nuit tombe,
Je finis par m’endormir.
Au petit matin. Le soleil se lève... comme toujours.
On ne peut ressentir qu’une seule émotion à la fois. Et quand la peur nous envahit, elle imprègne tout. Elle colore chaque pensée, s’étend partout où l’esprit peut aller. Elle domine. "Je la ressens, alors je dois bien lui trouver une raison. Sinon, elle n’a pas de sens."
Et puisque tout peut aussi bien mal tourner que bien se passer, l’imagination s’emballe : le chien aura des puces, j’oublierai de fermer la porte, projetez ici toutes ces peurs quotidiennes, et bien sûr… nous vivrons assez longtemps pour assister à tout ça !
La nature fondamentale des émotions et de leur rôle central dans notre expérience du monde
Une seule émotion à la fois
Nous ne pouvons ressentir qu’une seule émotion à la fois, ce qui implique que notre état émotionnel du moment influence totalement notre perception du monde.
L’importance de l’émotion dominante
Puisque nos émotions façonnent notre expérience, il est essentiel de prêter attention à celle qui nous habite à un instant donné. Elle détermine la manière dont nous vivons et interprétons les événements.
Les émotions définissent notre réalité
Notre vie n’est rien d’autre que la somme de nos émotions. Nous ne percevons pas directement les objets (mots, textes, fleurs, étoiles), mais plutôt les émotions qu’ils nous inspirent.
L’impossibilité de définir certaines émotions
Il est difficile, voire impossible, de donner une définition exacte à des émotions comme l’amour ou la tristesse. Pourtant, nous les reconnaissons immédiatement lorsque nous les éprouvons ou les observons chez les autres.
Comprendre que notre réalité est façonnée par nos émotions devrait nous inviter à prendre conscience de celles à qui nous laissons dominer notre esprit.
Quand les mots sont insignifiants
Les mots nous montrent une direction, les textes sont la carte et la carte n'est pas le territoire.
L'exemple du parc et du plan :
Imaginez que vous voulez aller vous promener dans un grand parc.
Avant d’y aller, vous regardez un plan du parc : dessus, sont indiqués des chemins, une aire de jeux et un lac.
Mais une fois dans le parc, vous vous rendez compte que :
Le plan vous aide à comprendre où aller, mais il ne montre pas tout ce qu’est vraiment le parc.
Une carte, un dessin ou une explication ne sont jamais la même chose que la réalité. Ils donnent une idée, mais il y a toujours plus à découvrir en vrai.
Les poètes et les écrivains sont capables parfois d'effleurer un sujet, ce n'est rien en comparaison de sa complexité réelle, vecue.
Oui, sans aucun doute. Mais si l’on croit que c’est impossible ou qu’on ne se l’autorise pas, alors ça devient une réalité : on subit ses émotions.
Nous attachons une émotion à chaque chose. Si cette émotion est négative, notre expérience sera teintée de négatif. Et comme nous ne pouvons ressentir qu’une seule émotion à la fois, celle-ci finit par colorer tout notre moment présent. Où que porte notre attention, elle emporte avec elle cette émotion pesante.
Et pourquoi ? Parce que nous avons ouvert la porte.
En laissant entrer une émotion négative, en l’associant à une pensée ou une réalité, nous la laissons s’étendre et nous souffrons. Mais une fois cette porte ouverte, qui peut dire jusqu’où cela nous mènera ? Quand cela s’arrêtera-t-il ? Et quelles en seront les conséquences ?
C’est pourquoi il est essentiel de ne pas donner de signification négative aux choses. Croire que tout est bon devient alors une nécessité.
Souviens-toi : tu ne vis pas les événements, mais l’émotion et le sens que tu leur attaches.
Une émotion gouverne toujours notre atmosphère intérieure, et nous cherchons à lui donner un sens. Car on ne peut pas vivre sans sens. Si la peur nous domine, elle s’infiltre partout. Une peur permanente, comme si quelque chose de terrible pouvait arriver à tout moment, c’est cela, l’anxiété.
En réalité, tout semble aléatoire. Le bien et le mal sont tous deux possibles. Mais l’anxieux choisira toujours d’imaginer le pire, car cela correspond à son ressenti intérieur.
Tout est bon. Plus encore : tout est parfaitement à sa place.
Si nous croyons le contraire, nous souffrons. Mais la réalité est bonne, sans exception.
Tout vient de Dieu. Et rien ne dépasse ce que nous sommes capables de supporter. La peur est une illusion.
Tout ce que nous vivons, nous le vivons pour notre bien. Ceux qui souffrent ont en eux des ressources plus grandes encore. Ils sont une élite de l’âme.
Job en est l’exemple. Son histoire est précieuse, c’est pourquoi elle figure dans la Bible. Il a connu l’épreuve ultime, tant dans sa vie que dans son corps. Pourtant, il a gardé la paix. Dieu n’a pas permis au mal de toucher son âme. De même, Il ne permet pas qu’on touche aux nôtres.
La croyance est puissante. Tout est bon ! Aimez vos ennemis ! La réalité n’est pas matérielle, elle est spirituelle. Nous sommes libres de croire ce que nous voulons, mais nous ne pouvons pas changer la réalité : elle est bonne, belle, même délicieuse.
Et si l’on préfère l’amertume, alors qu’il en soit ainsi, jusqu’à en avoir assez. Car l’expérience est infiniment plus importante que les mots. On ne vit pas à travers les livres, mais à travers l’amour et la vie.
Alors, réapprenons à aimer. Non pas en paroles, mais à chaque instant, en acte.
En réalité, s'il existe la moindre chance qu'une chose tourne mal, la porte s’ouvre et l’anxiété est invitée. Même si la porte n’est qu’entrouverte. Cela signifie que, sous tous les angles, nous devons nous sentir en sécurité. Tout doit être sous contrôle.
Sinon, où s’arrête le contrôle et où commence l’anxiété ?
À la question "dois-je avoir peur ?", la réponse doit toujours être non. Car si elle est un jour positive, alors où commence la peur ?
Il n’y a jamais aucune raison d’avoir peur.
La peur exclut l’amour, donc elle détruit. Lorsqu’on a peur, on ne peut plus comprendre quoi que ce soit, on devient abattu, violent, on souffre intensément et, cerise sur le gâteau ? On se l’inflige soi-même.
Il n’existe pas de punition, seulement l’expérience. L’existence est positive. Tout ce qui est négatif finit par s’anéantir de lui-même. Se défendre est toujours une bonne chose, tant que c'est sans violence.
N’étant pas parfaits, nous faisons forcément des erreurs. Et ressentir un inconfort évident face à une erreur suffit à nous en détourner. Pas besoin de mots comme faute ou conséquences – ce ne sont que des mots, inutiles. Ce qui compte, c’est ce que nous vivons. Cet inconfort nous pousse, tôt ou tard, à comprendre et à ne pas répéter les mêmes erreurs.
Nous suivons tous ce chemin, chacun à sa manière.
En attendant, nous sommes guidés comme des enfants, traversant des symphonies extraordinaires d’événements. Le Maître est celui qui nous conduit.
Et comment est ce chemin ? Il est le meilleur possible. Tout est superlatif. Magnifique, palpitant, impossible de s’ennuyer… et rempli d’humour. Le Maître a de l’humour.
Tu peux rire tout le temps. Ceux qui ne comprennent pas se cognent aux murs jusqu’à ce qu’ils saisissent. Mais à la fin, tous comprennent. C’est l’intention, et le Maître ne rate jamais.
Il ne perdra jamais un seul de ses enfants. Il ne te laissera pas leur faire du mal. Mieux vaut essayer d’arracher un lionceau à une lionne.
Que signifie faire du mal ? Par la pensée, par la parole, par l’action. Même pas pour se défendre. Car si la défense devient violence, où est la différence ?
La tristesse, c’est ce "quelque chose me manque". Soit un manque précis, soit un vide indéfinissable. La personne triste n’est motivée par rien et ne peut même pas imaginer ce qui pourrait la motiver.
Aimer quelque chose et aimer quelqu’un sont des expériences proches. Le plaisir n’est pas mauvais en soi, tout dépend de quoi il s’agit.
Par exemple, j’aime une personne… ou je l’aime profondément.
On ne peut pas disséquer la chimie de l’amour, car l’amour est la vie elle-même. Dans le corps, il déclenche des avalanches d’hormones qui mettent l’organisme en mouvement. Sans elles, tout stagne. On se sent fatigué, vidé, sans ressources ni but. Rien ne fonctionne correctement.
Et pourtant… le mot "amour" est absent des manuels de psychologie et de psychiatrie.
Le déprimé a raison : rien ne peut le rendre heureux. Du moins, rien de ce que son esprit peut concevoir.
Mais la vie, elle, peut le rendre heureux.
Parce que la vie est amour. Un cadeau reçu.
Il faut se placer dans son flux, comme on entrerait dans l’eau d’une source, dehors, parmi les autres.
Il y a des personnes dont la simple présence empêche d’être déprimé. Parmi elles : tous les enfants.
Et ensuite… on peut donner.
La vie n’est pas une explication. On la vit… ou on ne la vit pas.
Nous avons tous besoin de nous sentir bien. On peut associer quelques mots à cet état :
Heureux, joyeux, confiant, serein, calme, aimant, aimé.
Mais la carte n’est pas le territoire. Une carte n’est qu’une suite de signes tracés sur du papier. Le territoire, lui, ce sont les montagnes, les forêts, les lacs, et toute la vie qui s’y déploie.
De la même manière, le mot bonheur, comme tous les mots, n’est qu’une suite de lettres sur du papier. Être heureux, en revanche, est une expérience bien réelle.
Les mots n’ont pas de valeur en eux-mêmes. Ils ne font que pointer vers une porte, un passage, une expérience. C’est l’expérience qui compte. Les mots, eux, ne sont rien.
Et pourtant, on sous-estime l’expérience, on la considère comme passagère, sans substance, éphémère. À l’inverse, l’écrit semble avoir plus d’importance, car il dure dans le temps.
Mais même un plat dans le réfrigérateur ou une paire de chaussures peuvent sembler plus importants que l’éphémère…
L’âme est vie. L’âme vit. Et l’expérience est tout.
Tu as donc tout intérêt à vivre une belle expérience, car sinon, tu souffres. Et au final, tu es ce que tu vis.
Se sentir bien, en réalité, est la raison pour laquelle nous existons. Et cela n’a rien à voir avec un objet, une circonstance ou une personne en particulier qui te rendrait heureux.
Nous avons pris l’habitude de conditionner notre bien-être à quelque chose de précis. Mais c’est une recette parfaite pour l’inquiétude et l’insatisfaction. Parce que parfois, ce "quelque chose" ne sera pas là.
Or, le bien-être ne doit pas être conditionné.
Tu es souverain. Rien n’est assez grand pour t’atteindre si tu ne le décides pas. À chaque instant, tu choisis si tu te sens bien… ou non.
Tout prend vie en toi, dans ton âme. Peu importe comment les choses t’atteignent, elles ne prennent réellement vie qu’une fois accueillies dans ton être profond.
Or, ton âme n’est pas matérielle.
Mon âme n’est pas matérielle.
Ton âme n’est pas matérielle.
La matière a des dimensions et des limites. L’âme, elle, n’en a pas.
L’expérience, à condition qu’elle soit belle et positive, n’a pas de frontières.
Ce qui est mauvais n’existe pas en soi. C’est une illusion, une impasse, une négation de l’être. Le mal ne se transmet pas, mais il peut séduire… depuis l’extérieur.
Il existe une très belle histoire, que les hommes ont tant aimée qu’elle a été conservée dans la Bible.
Dieu a permis au diable de tenter Job. Mais il lui a interdit de toucher à son âme.
Pour moi, cette distinction est essentielle.
Le mal n’a pas accès à ton âme. Il peut seulement, de l’extérieur, essayer de t’influencer.
Autrement dit, tu es protégé par la nature même des choses.
Quand tu vis une belle expérience, elle se propage, elle n’a pas de limites, elle atteint ceux qui sont prêts à la recevoir.
Mais si ton expérience est négative, emplie de haine, elle ne va nulle part. Elle s’arrête à sa source.
Quand tu vis quelque chose de fort, tu le vis avec tout ton être, et ton être le vit avec toi.
Tu pourrais croire que tu es isolé, enfermé en toi-même. Mais ce n’est pas vrai.
Nous sommes tous Un.
L’âme n’ayant ni frontières, ni espace, ni temps, elle est une avec toutes les autres.
La séparation est une illusion.
L’expérience, elle, n’est pas limitée par le temps et l’espace.
Elle est la vie, et la vie rend heureux.
Il n’y a rien de plus éternel et de plus précieux qu’une expérience vécue pleinement.